Permis de conduire après 70 ans : ce que dit la loi en 2026 et ce que l’Europe va imposer

La France est l’un des derniers pays européens où le permis est véritablement « à vie ». Chez nos voisins, les règles sont souvent plus strictes, parfois depuis des décennies. Voici un panorama des principales réglementations en vigueur.
Sommaire
- En France en 2026 : le permis reste à vie
- Visite médicale : ce qui est déjà obligatoire aujourd’hui
- La directive européenne : ce qu’elle prévoit concrètement
- Ce que font déjà les autres pays européens
- Le débat en France : arguments pour et contre
- Ce que les seniors doivent faire concrètement aujourd’hui
En France en 2026 : le permis reste à vie
Commençons par l’essentiel, car la confusion est immense : en février 2026, aucune loi française n’oblige les conducteurs seniors à passer une visite médicale pour conserver leur permis de conduire. Cette information, vérifiée sur le site officiel service-public.fr, est catégorique.
Le permis de conduire des catégories A (moto) et B (voiture) est délivré à durée illimitée en France. Il n’existe aucune limite d’âge pour conduire et aucun examen de santé obligatoire lié à l’âge. Cette règle n’a pas changé.
La carte physique du permis, elle, a bien une date d’expiration : 15 ans depuis la réforme de septembre 2013. Mais ce renouvellement est purement administratif. Il s’agit de mettre à jour la photo et les éléments de sécurité du document. Aucun examen médical n’est demandé, aucune épreuve de conduite n’est à repasser.
Autrement dit : que vous ayez 65, 75 ou 90 ans, personne ne peut vous demander de repasser un test ou une visite médicale du seul fait de votre âge. La France fait partie, avec l’Allemagne et la Pologne, des derniers pays européens à maintenir ce principe du « permis à vie » sans condition d’âge.
Visite médicale : ce qui est déjà obligatoire aujourd’hui
Si le permis est bien à vie, il existe cependant des situations précises où une visite médicale est déjà obligatoire, quel que soit l’âge du conducteur. Les voici :
Après une suspension ou une annulation du permis : si votre permis a été suspendu pour plus d’un mois ou annulé (notamment pour alcool ou stupéfiants), vous devez passer un contrôle médical auprès d’un médecin agréé par la préfecture avant de retrouver le droit de conduire.
En cas d’affection médicale incompatible avec la conduite : un arrêté du 28 mars 2022 fixe la liste des maladies qui peuvent empêcher de conduire ou nécessiter un aménagement. Si votre médecin traitant constate une pathologie figurant sur cette liste (troubles neurologiques graves, problèmes d’équilibre, certaines maladies cardiaques, déficiences visuelles sévères), il peut vous orienter vers un médecin agréé par la préfecture. Le préfet peut alors décider de restrictions (conduite de jour uniquement, véhicule automatique) ou, dans les cas les plus graves, d’une suspension.
Pour les permis professionnels : les détenteurs de permis C (poids lourds), D (transport de personnes), ainsi que les conducteurs de taxi, VTC ou ambulance, doivent passer un contrôle médical tous les 5 ans, et tous les 2 ans après 60 ans pour certaines catégories.
Le coût d’une visite médicale chez un médecin agréé est de 36 €. Il n’est pas pris en charge par l’Assurance maladie.
Point important : c’est au conducteur de se signaler lui-même. Aucun système automatique ne vérifie l’état de santé des conducteurs en France. Si vous ne vous soumettez pas au contrôle médical alors que votre état de santé l’exige, vous risquez de ne pas être couvert par votre assurance en cas d’accident.
La directive européenne : ce qu’elle prévoit concrètement
C’est la source principale de confusion. Le 21 octobre 2025, le Parlement européen a adopté une réforme du permis de conduire qui met fin, à terme, au principe du « permis à vie » dans toute l’Union européenne. Voici ce que ce texte prévoit réellement.
Un renouvellement administratif tous les 15 ans : tous les conducteurs, quel que soit leur âge, devront renouveler leur permis de conduire tous les 15 ans pour les catégories auto et moto (5 ans pour les poids lourds et bus). Ce renouvellement s’accompagnera d’un contrôle d’aptitude à la conduite.
Des contrôles plus fréquents possibles après 65 ans : la directive autorise les États membres à réduire la durée de validité du permis pour les conducteurs de plus de 65 ans. Concrètement, chaque pays pourra décider d’imposer un renouvellement plus fréquent (par exemple tous les 5 ans) au-delà d’un certain âge.
Le type de contrôle laissé au choix de chaque pays : c’est un point essentiel. La directive ne prévoit pas une visite médicale obligatoire identique partout. Chaque État membre pourra choisir entre trois options : une visite médicale auprès d’un médecin agréé, un formulaire d’auto-évaluation, ou toute autre mesure nationale jugée équivalente.
Le calendrier : les États membres disposent de 3 ans pour transposer la directive dans leur droit national après son entrée en vigueur, plus 1 an supplémentaire pour préparer sa mise en œuvre. Les premiers renouvellements concernés n’interviendront donc pas avant 2029 ou 2030 au plus tôt.
En résumé : rien ne change en 2026. La France a plusieurs années devant elle pour décider comment elle appliquera cette directive. Les modalités exactes (visite médicale, auto-évaluation, fréquence pour les seniors) restent à définir.
Ce que font déjà les autres pays européens
La France est l’un des derniers pays européens où le permis est véritablement « à vie ». Chez nos voisins, les règles sont souvent plus strictes, parfois depuis des décennies. Voici un panorama des principales réglementations en vigueur.
Senior actu



La crise sanitaire, toujours présente, pèse lourdement sur le fonctionnement de notre association.