Santé : une nouvelle consultation à 60 € créée pour les plus de 80 ans

À partir du 1er janvier 2026, votre médecin traitant peut vous proposer une consultation longue entièrement remboursée. Une mesure attendue pour mieux accompagner les patients âgés dans les moments clés de leur parcours de santé.

Trois consultations longues remboursées pour les plus de 80 ans

La convention médicale 2024-2029 introduit une nouveauté majeure au 1er janvier 2026 : la consultation longue du médecin traitant, spécialement conçue pour les patients de plus de 80 ans. Facturée 60 €, elle sera intégralement prise en charge par l’Assurance maladie et les complémentaires santé.

Cette consultation reconnaît officiellement le temps supplémentaire que nécessite l’accompagnement des patients âgés. Jusqu’à présent, les médecins traitants n’étaient pas rémunérés davantage pour ces rendez-vous plus longs et plus complexes. Un frein qui pouvait parfois limiter la qualité du suivi.

Concrètement, trois situations ouvrent droit à cette consultation longue, à raison d’une par an et par patient dans chaque cas de figure. Les patients concernés n’ont aucune démarche particulière à effectuer : c’est le médecin traitant qui facture directement cette prestation.

Sortie d’hospitalisation : un suivi renforcé dans les 45 jours

La première situation concerne le retour à domicile après une hospitalisation. Dans les 45 jours suivant la sortie de l’hôpital, le médecin traitant peut facturer une consultation longue (GL1) pour faire le point sur votre état de santé, reprendre en main le suivi de vos traitements et coordonner les soins nécessaires.

Cette période de transition est souvent délicate pour les patients âgés. Nouveaux médicaments à intégrer, ordonnances à harmoniser, suivi à organiser avec d’autres professionnels de santé : autant de points qui nécessitent du temps et de l’attention.

L’Assurance maladie précise que cette consultation ne peut pas être cumulée avec certaines autres majorations liées aux sorties d’hospitalisation. Votre médecin traitant saura vous orienter vers la tarification la plus adaptée à votre situation.

Déprescription : réduire les risques liés à la polymédication

La deuxième situation vise les patients dits « hyperpolymédiqués », c’est-à-dire ceux qui prennent au moins 10 lignes de traitements médicamenteux différents. Un cas fréquent chez les personnes âgées souffrant de plusieurs pathologies chroniques.

La consultation longue de déprescription (GL2) permet au médecin traitant de revoir l’ensemble des traitements, d’identifier ceux qui pourraient être arrêtés ou réduits, et de limiter les risques d’interactions médicamenteuses. Cette révision s’appuie sur un bilan de médication préalable, réalisé par le pharmacien.

Selon l’Assurance maladie, la polymédication expose les patients âgés à un risque accru d’effets indésirables et d’hospitalisations évitables. Cette nouvelle consultation vise à améliorer la sécurité des traitements tout en préservant leur efficacité.

APA et parcours médico-social : un accompagnement administratif valorisé

La troisième situation concerne l’entrée dans un parcours médico-social. Lorsqu’un patient de plus de 80 ans a besoin de constituer un dossier pour l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), la consultation longue (GL3) permet au médecin traitant de prendre le temps nécessaire pour remplir les documents médico-administratifs.

Cette démarche, souvent chronophage, est essentielle pour accéder aux aides au maintien à domicile. Le médecin doit évaluer le degré de perte d’autonomie, décrire les besoins du patient et justifier médicalement la demande. Un travail qui dépasse largement le cadre d’une consultation classique de 15 à 20 minutes.

À noter : cette consultation est également ouverte pour les dossiers MDPH (handicap) et les orientations via la plateforme ViaTrajectoire, utilisée notamment pour les admissions en établissement.

Les autres hausses de tarifs au 1er janvier 2026

Au-delà de cette consultation longue, plusieurs spécialités voient leurs tarifs revalorisés au 1er janvier 2026. Ces hausses, initialement prévues au 1er juillet 2025, avaient été reportées en raison d’un risque de dépassement des dépenses de santé.

La consultation chez le gériatre passe de 37 € à 42 €, soit une hausse de 5 €. Celle du gynécologue augmente de 37 € à 40 €, et la consultation de dépistage du mélanome chez le dermatologue atteint désormais 60 € (contre 54 € auparavant). Les consultations de psychiatrie passent à 57 € (+2 €).

Ces revalorisations sont prises en charge par l’Assurance maladie à hauteur de 70 % du tarif de base (ou 65 % selon les actes), le reste étant couvert par la complémentaire santé. Elles ne concernent que les médecins de secteur 1 ou adhérant au dispositif OPTAM, qui pratiquent des dépassements d’honoraires encadrés.